Rhinocéros

  • Bérangère Vantusso Cie Trois-6ix-trente [ Grand Est ]
  • Création
  • Classique
  • Coproduction

Le seul regard que je peux porter aujourd’hui sur le monde tel qu’il va mal passe par l’absurde, le dérèglement, la destruction, il passe par la grimace, le rire de la grimace, la casse, le débordement.
La mécanique théâtrale tranchante élaborée par Ionesco en 1959 rappelle que les « ismes » en tous genres ne cessent jamais de nous faire trébucher, et qu’il faut encore et toujours en parler en renouvelant les formes pour résister à notre propre désespoir.
Au moment où l’Europe replonge dans les eaux sombres de la crispation identitaire, j’ai été saisie par la terrible modernité de Rhinocéros qui déconstruit avec minutie les processus de massification et nous tend un miroir suffisamment déformant pour que nous puissions y réfléchir.
On connait à peu près Rhinocéros : le quotidien sans histoire d’une petite ville de province est bouleversé par l’intrusion intempestive d’un rhinocéros, en pleine rue. Chacun tente d’expliquer cet évènement incongru quand un mal étrange frappe un à un les habitants de la ville qui se transforment
inexorablement en pachydermes. L’histoire d’une épidémie donc, qui dérègle l’humanité.
J’ai proposé à Nicolas Doutey d’adapter la pièce de Ionesco, de la « dépouiller » d’une certaine théâtralité d’après-guerre pour la ramener à sa théâtralité la plus directe afin de ne pas aborder un fait historique particulier (la propagation des idéologies extrêmes au xxe siècle seulement) mais un fait humain et social général, qui peut arriver à toute époque.
Ionesco a lui-même écrit, « nous appartenons tous à un certain moment de l’histoire – qui cependant […] n’exprime et ne contient que la part la moins essentielle de nous-mêmes ».
J’ai perçu de manière aigüe le potentiel marionnettique de cette pièce, qui bien au-delà de la représentation du pachyderme propose surtout une dramaturgie de la prolifération très stimulante qui, à la manière d’un film fantastique, déploie un imaginaire de la matière envahissante qui finit par mettre en crise la présence humaine.

Bérangère Vantusso

Distribution

De Eugène Ionesco
Mise en scène Bérangère Vantusso
Adaptation et dramaturgie Nicolas Doutey
Avec Boris Alestchenkoff, Simon Anglès, Thomas Cordeiro, Hugues De la Salle, Tamara Lipszyc, Maika Radigalès
Collaboration artistique Philippe Rodriguez-Jorda
Assistanat à la mise en scène Pauline Rousseau
Scénographie Cerise Guyon
Lumières Anne Vaglio

Création musicale Antonin Leymarie
Son Grégoire Leymarie
Costumes Sara Bartesaghi Gallo, assistée de Simona Grassano.
Direction technique, régie générale Philippe Hariga
Régie Son Vincent Petruzellis
Régie Plateau Léo Taulelle
Administration, production Flavia Amarrurtu, en collaboration avec le bureau Formart

Production

Production Cie Trois-6ix-trente, en collaboration avec Formart
Coproduction et résidence
Théâtre de la Manufacture – CDN de Nancy-Lorraine, Studio théâtre de Vitry, Théâtre Jean Vilar de Vitry
Coproduction : Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création et de production, Le Carreau Scène nationale de Forbach, Théâtre Joliette - Scène conventionnée art et création expressions et écritures contemporaines – Marseille
Avec le soutien de Malakoff scène nationale

Depuis janvier 2021, Bérangère Vantusso est artiste associée du Théâtre de la Manufacture CDN Nancy Lorraine / direction Julia Vidit.
La Cie Trois-6ix-Trente est conventionnée par le ministère de la Culture et de la Communication – Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand Est (22-25) et par la Région Grand Est (22-25)

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