Dégonfler l’horreur
Il y a quelque chose de monstrueux dans le personnage du Dindon dessiné par Feydeau. Un homme, affranchi de toute morale, qui suit les femmes et s’introduit de force chez elles, pour ensuite tenter de les persuader qu’il ne s’agit pas de viol mais d’amour. Et ce qui est encore plus monstrueux, c’est que sa folie sans-gêne est contagieuse. C’est tout un monde qui sombre dans le cauchemar après son intrusion originelle. Les fantômes du passé ressurgissent, les murs s’effacent et ne protègent plus, les portes bien connues ne s’ouvrent plus sur les pièces attendues.
Et pourtant l’on rit. Quel est ce prodige ?
Qu’est-ce qui nous fait tant rire dans le vaudeville ? Le rythme, les situations, les personnages, … ? Comment sortir le vaudeville du maniérisme et des clichés auxquels il est souvent associé ? Comment s’approprier, et jouer aujourd’hui ces grandes scènes du répertoire de Feydeau ? C’est ce que je vous propose d’explorer lors de cet atelier de deux jours.
Horreur et hilarité dans les grandes scènes du répertoire de Feydeau.
A propos de Maryse Estier
Maryse Estier est fondatrice de la Cie Jordils. Passée par le Conservatoire d’art dramatique de Genève, elle devient assistante au Théâtre National de Nice et obtient en parallèle une licence en arts du spectacle. Reçue à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre à Lyon en 2013, elle se forme à la mise en scène au contact de Guillaume Lévêque, Jean-Pierre Vincent et Alain Françon. Elle s’intéresse particulièrement à la représentation des paradoxes et travaille sur La Décision de Brecht, Iphigénie de Racine et L’Aiglon de Rostand. En 2016, elle intègre l’Académie de la Comédie-Française en qualité de metteuse en scène/dramaturge. Elle y assiste notamment Pascal Rambert, et dirige des lectures publiques de textes contemporains avec des acteurs de la troupe. Elle y obtient un MBA spécialisé « développement de projets culturels et événementiels ». En 2017, elle est collaboratrice artistique d’Alain Françon pour la création d’Un mois à la Campagne de Tourguéniev. En 2018 elle met en scène Lampedusa Beach de Lina Prosa, à la Comédie de Genève et, en 2019, Chaise d’Edward Bond, au Théâtre de l’Opprimé à Paris. En 2019, elle est également appelée par le Festival En Acte(s) pour mettre en scène Conversation poétique biodégradable de Jean d’Amérique, au NTH8 à Lyon. Pour son projet L’Aiglon, elle est lauréate du Fond Régional pour Talents Émergents (FoRTE) de la Région Île-de-France.